Alberobello depuis la masseria

Trente-cinq minutes de route, deux quartiers de trulli, et une règle qui change tout : y être avant les autocars. Voici comment nous organisons la journée.

Les toits coniques en pierre sèche des trulli d'Alberobello, serrés les uns contre les autres
Plus de mille cinq cents trulli, sur deux quartiers

Ce qu'on vient voir, et ce qu'il faut savoir avant

Alberobello est le site le plus visité de cette partie des Pouilles, et c'est mérité : il n'existe rien de comparable ailleurs. Une ville entière de maisons coniques en pierre sèche, empilées sur deux collines, inscrite au patrimoine mondial depuis 1996.

Le trullo n'est pas une fantaisie décorative. C'est une construction en pierre calcaire montée par encorbellement — des assises circulaires qui se resserrent jusqu'au sommet, sans mortier. La technique est préhistorique, et elle se pratique encore dans la région. La légende locale veut qu'on ait bâti ainsi pour pouvoir démonter vite en cas d'inspection fiscale ; les historiens sont plus nuancés, mais l'anecdote dit bien la précarité de ces constructions à l'origine.

Voilà pour l'émerveillement. Maintenant l'honnêteté : Alberobello reçoit énormément de monde, les autocars y déversent leurs groupes en milieu de matinée, et le Rione Monti se transforme alors en couloir de boutiques de souvenirs. Ce n'est pas une raison pour ne pas y aller — c'est une raison pour y aller au bon moment.

C'est précisément l'avantage de loger à trente-cinq minutes plutôt qu'à trois heures : on peut arriver tôt.

Les deux quartiers, et l'ordre dans lequel les voir

Le Rione Monti est le grand quartier, celui des photographies : environ mille trente trulli serrés sur une pente, dont les fameux Trulli Siamesi, deux cônes fusionnés autour desquels court une histoire de frères brouillés. C'est aussi celui qui se remplit en premier et le plus densément — la plupart des rez-de-chaussée y sont devenus des commerces.

L'Aia Piccola est l'autre versant, et c'est un contraste complet : cinq cent quatre-vingt-dix trulli, largement encore habités, presque sans boutiques. On y marche dans des ruelles vides pendant qu'à deux cents mètres la foule piétine. C'est là que l'on comprend ce qu'est réellement une ville de trulli.

Le Trullo Sovrano, à l'écart des deux, est le seul de la ville à compter deux étages. Ses murs font deux mètres soixante-dix d'épaisseur, et il conserve son mobilier d'origine du début du XXᵉ siècle. Il donne une idée de l'intérieur qu'aucune boutique ne donnera.

Notre ordre, et il compte : le Rione Monti d'abord, tôt, tant qu'il est calme ; l'Aia Piccola ensuite, quand la foule arrive — elle n'y va pas. C'est l'inverse de ce que fait la majorité des visiteurs, et c'est précisément pour ça que ça marche.

La journée, heure par heure

Voici le déroulé que nous conseillons, calé sur une seule idée : voir le grand quartier avant tout le monde, et être rentré pour l'heure de la piscine.

8 h 30Départ du portail9 h 05Rione Monti, encore calme10 h 30Trullo Sovrano11 h 15Aia Piccola, à contre-courant12 h 30Déjeuner sur place14 h 00Retour vers la campagne15 h 00Piscine, sieste
Horaires indicatifs. L'essentiel n'est pas la minute mais l'ordre : le grand quartier tôt, le petit quand la foule arrive.

Prolonger, ou pas

Alberobello est au cœur de la vallée d'Itria, et la tentation est grande d'enchaîner : Locorotondo est à quelques minutes, Martina Franca un peu plus loin, Ostuni à une demi-heure.

C'est faisable, et beaucoup de voyageurs le font — parce qu'ils logent loin et ne repasseront pas. Ce n'est pas votre cas. Quand la maison est à trente-cinq minutes, enchaîner trois villages en une journée d'été revient à passer l'après-midi en voiture et à rentrer trop fatigué pour profiter du soir, qui est pourtant le meilleur moment de la journée ici.

Notre conseil est donc l'inverse du réflexe touristique : une ville par sortie, tôt le matin, et le reste de la journée à la maison. Vous en verrez autant sur la semaine, et vous les aurez vraiment vues.

Questions fréquentes

À quelle heure faut-il arriver à Alberobello ?
Le plus tôt possible. Les groupes en autocar arrivent en milieu de matinée et le Rione Monti devient alors très dense. Un départ vers huit heures et demie depuis la campagne de Polignano permet d'arriver aux alentours de neuf heures, quand les ruelles sont encore vides.
Combien de temps faut-il pour visiter Alberobello ?
Une demi-journée suffit largement pour les deux quartiers et le Trullo Sovrano, sans se presser. Les guides qui recommandent deux jours parlent à des voyageurs qui logent sur place ; depuis la campagne alentour, on y revient plutôt une seconde fois à une autre heure.
Quelle différence entre le Rione Monti et l'Aia Piccola ?
Le Rione Monti est le grand quartier, environ mille trente trulli, très commerçant et très fréquenté. L'Aia Piccola en compte cinq cent quatre-vingt-dix, reste largement habité et presque sans boutiques — c'est le quartier où l'on comprend ce qu'est réellement une ville de trulli.
Peut-on visiter l'intérieur d'un trullo ?
Oui. Le Trullo Sovrano, seul trullo à deux étages de la ville, se visite et conserve son mobilier du début du XXᵉ siècle. De nombreuses boutiques du Rione Monti laissent également entrer, mais elles montrent surtout un commerce aménagé.
Combien de temps de route depuis Polignano a Mare ?
Environ trente-cinq minutes depuis la campagne entre Polignano et Monopoli, en s'éloignant de la côte vers l'intérieur des terres et la vallée d'Itria.
Faut-il enchaîner Alberobello et Locorotondo dans la journée ?
C'est géographiquement facile, mais nous ne le conseillons pas si vous logez à proximité. Enchaîner deux villages en été signifie passer l'après-midi en voiture et rentrer épuisé. Une ville par sortie, tôt le matin, laisse le reste de la journée à la campagne.

À trente-cinq minutes des trulli

La Masseria 1863 est une maison de campagne pour huit personnes, avec sa piscine et son oliveraie, entre Polignano a Mare et Monopoli.

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